L’impression sur tissu ici et ailleurs – 2 – la Chine

La Chine est de nos jours un leader mondial en fabrication de produits de consommation. L’indice de compétitivité du secteur de la fabrication de Deloitte 2016 plaçait la Chine au rang des pays du secteur manufacturier les plus compétitifs au monde.

Source: https://wsafety-news.com/non-classifiee/fabrique-par-la-chine-le-nouveau-leader-en-matiere-de-qualite/?lang=fr

La Chine imprime ses tissus en sublimation depuis les temps modernes. Son avancée technologique en imprimerie est égale à la nôtre. Et concernant la transformation des tissus, elle est passée maître dans l’art de la confection depuis bien longtemps ! Toutefois, les presses numériques de sublimation sur tissu n’ont pas toujours existé. Autrefois, ce sont les artisans teinturiers qui coloraient les tissus.

À la suite de recherches sur le Batik, on a découvert que le Batik a été pratiqué en Chine également, non seulement à Java en Indonésie.

Son origine remonte à très loin :

« Il semblerait que l’impression à la cire existât en Chine dès la fin de la dynastie des Qin (221-207 avant JC) ou au début de la dynastie des Han (206 avant JC-220 après JC). Bien que la connaissance généralisée de l’existence du batik chinois comme un produit fini apparût, en premier, durant la dynastie des Tang (618-907), et que le batik devient une nouvelle marchandise de la « route de la Soie » exportée vers l’Europe et ailleurs. »

Source: https://www.voyageschine.com/culture/batik-chinois.htm

Non seulement les artistes teinturiers chinois utilisaient la technique du Batik, mais ils pratiquaient également deux autres méthodes de coloration du tissu : le Bandhnu et le Calico.

La méthode du Batik (également nommée l’impression à la cire) est une méthode mécanique de blocage des colorants par la cire à l’endroit où elle est appliquée chaude (fondue), souvent sous la forme d’un motif géométrique ou d’une représentation artistique (allant d’une fleur à un visage humain), sur une partie choisie du tissu. Une fois la cire suffisamment sèche, le tissu est plongé à froid dans une cuve de colorants solubles. Le procédé de teinture terminé, le tissu complètement sec est ensuite lavé à l’eau chaude pour dissoudre la cire et faire ressortir les motifs, (dessins, images, etc…) dans une couleur contrastant avec la couleur de teinture également.

La méthode bandhnu réalise l’ouvrage au moyen de torsions, de nouages, de pincements et même de points de coutures très serrés sur le tissu pour réserver le motif désiré, (le plus souvent, une fleur, mais, habituellement de forme assez grossière). Pendant les années « hippie », la méthode du batik devient populaire en Amérique, (une méthode de fabrication de batiks également utilisée dans toute l’Afrique, d’où elle est simultanément développée aux États-Unis dans les années 70 et, un peu plus tard, avec le mouvement « Rastafari » et la musique de Bob Marley).

Les parties reliées (coutures, noeuds, torsades etc) de la toile doivent entraver la pénétration du colorant à des degrés divers en fonction de l’étanchéité des liens. Ainsi, la minorité ethnique Bai, située principalement dans la province du Yunnan, est-elle passée maître dans l’art du bandhnu.

La méthode calicot d’impression sur textile (ou « par touche »), n’est pas différente de l’art de l’impression des gravures sur bois qui, en Chine, est peut-être plus ancien que l’art de l’impression à la cire, datant du 3ème siècle avant notre ère. Les deux atteignent le résultat final en pressant l’élément (la feuille de papier et le tissu respectivement pour l’impression des gravures sur bois et celle du calicot) entre deux plaques. La plaque inférieure a été gravée pour retenir le colorant/encre et produire l’image souhaitée sur la surface de l’objet lors de sa pression entre les deux plaques. On peut bien sûr obtenir des résultats très précis et très détaillés par la méthode du calicot, alors qu’une plaque pré-conçue travaillée à la perfection ne laisse aucun hasard aux mouvements de la main, comme pour la méthode d’impression à la cire.

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